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Apolline, doctorante en paléontologie
Rencontre avec Apolline Lefort, doctorante au Laboratoire Géologie et gestion des ressources minérales et énergétiques.
« Voici mes petites bébêtes, collectées dans les collines du Jurassique supérieur de Lorraine » explique Apolline, en montrant des caisses empilées dans son bureau. Les présentations sont faites. Ses petites bébêtes, comme elle les appelle, elle en est fière, et elle s’en occupe toute la journée, parfois tard le soir. Apolline Lefort ne travaille pas dans un zoo, mais au laboratoire G2R*, à la Faculté des Sciences de Vandoeuvre : elle est doctorante en paléontologie et étudie des fossiles d’environ 155 millions d’années.
Après une formation en biologie et géologie à Nancy, un passage à Montréal, puis une année à Paris, Apolline s’est lancée un défi personnel : aller jusqu’au bout dans un domaine qui la passionne. Elle choisit la paléontologie, mais pour cela, un an de galère pour trouver un financement de thèse… En attendant, elle fréquente les soussols du Muséum National d’Histoire Naturelle, plongée au coeur d’une fabuleuse collection de centaines de milliers de fossiles. Octobre 2007 : la persévérance paie enfin, Apolline décroche un sujet de thèse à Nancy, sous la direction de Bernard Lathuilière et Vincent Huault, enseignants-chercheurs au G2R.
Apolline s’intéresse particulièrement à la reconstitution de paléoenvironnements, c’est-à-dire aux conditions de température ou de profondeur dans lesquels vivaient les fossiles qu’elle trouve sur le terrain. Pour cela, elle étudie notamment de tout petits fossiles de foraminifères, petits êtres unicellulaires dont l’analyse du squelette dévoile une mine d’informations sur les environnements passés.
Quand on fait une thèse en paléontologie, aucune journée ne se ressemble : au labo ou sur le terrain, la géologie réclame beaucoup de patience et d’imagination. Observer des lames minces au microscope, identifier les échantillons collectés en fouillant dans des publications, le tout pour tenter de trouver des corrélations, d’analyser et d’interpréter… un travail de titan qui vise à mieux comprendre une toute petite partie de la vie passée sur notre planète. L’étude des fossiles nécessite également un côté manuel que la jeune femme apprécie beaucoup. « L’utilisation d’outils fait aussi partie de mon quotidien, car il faut nettoyer et dégager les fossiles avant de pouvoir en tirer des informations ». Un travail solitaire ? Pas vraiment, car dans le cadre de ses recherches, Apolline est toujours en contact avec ses responsables de thèse et avec des spécialistes de son sujet. La thèse, c’est aussi un ensemble de moments informels partagés avec la vingtaine de doctorants du labo. « Y’a de la vie, ici, ajoute Apolline. On n’est jamais seul et c’est très stimulant de pouvoir partager des moments conviviaux, autour d’un gâteau par exemple ! »
Et après la thèse ? La jeune femme esquisse un sourire… Serait-ce un sujet tabou ? Faire un post-doc à l’étranger, concourir pour un poste d’enseignant-chercheur tout en restant prête à s’impliquer dans des actions vers le grand public… Surtout, ne pas se fermer de portes. Comprendre la planète, l’évolution de la vie et les mystères du passé fera vibrer Apolline encore de nombreuses années !
■ G2R : Géologie et Gestion des Ressources Minérales et Energétiques – UMR 7566 CNRS/ Nancy-Université
■ Contact : apolline.lefort@g2r.uhp-nancy.fr