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Portrait de Henri Poincaré
Henri Poincaré est né à Nancy le 29 avril 1854 au n°2 de la Rue de Guise.
Brillant élève au lycée de Nancy où il entre en 1862, Henri Poincaré passe ses baccalauréats " es lettres " et " es sciences " en 1871. Il obtient ce dernier avec mention " assez bien " malgré un 0 en mathématiques, discipline où il excellait pourtant. Un an plus tard, en 1872, il est reçu premier au Concours Général de Mathématiques et entre en classe de Mathématiques Spéciales. En 1873, il entre à l'Ecole polytechnique en tant que major de promotion. En 1874, il publie son premier article dans les " Annales de Mathématiques " (l'actuelle " Revue des Mathématiques Spéciales " ) sur un travail de géométrie : " Démonstration nouvelle des propriétés de l'indicatrice de surface ". Sorti deuxième de Polytechnique, il entre à l'Ecole des Mines de Paris en 1875 et suit parallèlement une Licence " Es Science " à la Sorbonne qu'il obtient en 1876. Il sortira, en 1878, 3ième de l'Ecole des Mines de Paris.
Cette période marque le début de ses travaux de recherche en Mathématiques.
Il commence, en effet, sa thèse qu'il soutiendra en 1879 sur le thème de " l'Intégration des équations aux dérivées partielles à un nombre quelconque d'inconnus ", thème qu'il ne reprendra d'ailleurs jamais.
Quelques mois après sa soutenance, Henri Poincaré est nommé chargé de cours de " Calcul Différentiel et Intégral " à la Faculté de Sciences de Caen. Il publie énormément. Pour la seule année 1880, il fait paraître " Sur la théorie générale des formes " ; " Sur les courbes définies par une équation différentielle" ; " Note sur les formes cubiques ternaires " ; " Sur la réduction simultanée d'une forme quadratique et d'une forme linéaire " ; " Sur un mode nouveau de représentation géométrique des formes quadratiques définies ou indéfinies ".
L'Académie des Sciences lui décerne une mention très honorable pour l'un de ses mémoires qui est d'ailleurs aujourd'hui considéré comme l'un des épisodes les plus célèbres dans l'histoire des découvertes mathématiques. Henri Poincaré y utilisait en effet la géométrie non euclidienne, théorie considérée alors comme spéculative, dans la théorie des équations différentielles.
A partir de 1881, la carrière universitaire d'Henri Poincaré s'amplifie.
A la Faculté des Sciences de Paris, il est nommé Maître de conférences d'analyses en 1885, puis chargé de cours à la chaire de Mécanique physique et expérimentale. En 1886, il y occupe la chaire de Physique mathématique et Calcul des probabilités puis celle de d' Astronomie mathématique et de Mécanique céleste. En 1902, il est nommé professeur Electricité théorique à l' Ecole Professionnelle des Postes et Télégraphes de Paris. En 1904, il est nommé professeur d'Astronomie générale à l' Ecole Polytechnique. Parallèlement à l'envolée de sa carrière universitaire, la notoriété d'Henri Poincaré s'accroît avec son entrée en 1887 à l' Académie des Sciences dont il deviendra en 1906 le Président. En 1908, il est également élu à l' Académie française. Cette période coïncide également avec la publication de d'ouvrages relavant de la Philosophie des Sciences.
En ce début de 20ième siècle, période florissante pour les Mathématiques, Henri Poincaré est considéré comme l' un des mathématiciens les plus éminents de son époque.
Le prix que lui décerna, en 1889, le Roi Oskar de Suède et de Norvège n'est certainement pas étranger à l'ascension de sa réputation scientifique. Le monarque avait en effet mis au concours entre tous les mathématiciens du monde le problème des " Trois corps " jugé jusqu'alors insoluble. Le mémoire remis à cette occasion par Henri Poincaré sous la devise " Les astres ne dépasseront jamais les limites prédites " est alors considéré comme un ouvrage de génie.
Durant les 2 premières décennies du 20ième siècle, Henri Poincaré fait faire aux sciences mathématiques, physiques et astronomiques des progrès considérables.
Il découvre les " Fonctions fuchsiennes ", les " Groupes kleinéens ", il s'intéresse en Mécanique analytique à l'équilibre d'une masse fluide animée d'un mouvement de rotation Ses " leçons sur les hypothèses cosmogoniques " font considérablement avancer la Mécanique céleste. En Physique mathématique, sa contribution est également dense : il travaille et publie sur l' élasticité, la propagation de la chaleur, la théorie cinétique des gaz, l' électricité, la diffraction des ondes hertziennes, l' optique…
Celui qui fut, selon Paul Painlevé, " le cerveau vivant des sciences rationnelles ", meurt à Paris en 1912.
Sources :
HEINZMANN Gerhard.- Henri Poincaré.- Le Pays lorrain. Journal de la Société d'archéologie lorraine et du Musée Historique Lorrain.- 1995, n°4, pp.271-280
Encyclopédie Larousse.- Paris : librairie Larousse, 1994, t.3